samedi 30 juin 2007

Fière de moi. Avec un "e", comme pour Enfin.

Il y a encore quelques semaines, je m'imaginais mal avancer dans un monde où mon père n'était plus.

A la moindre de mes épreuves, examens, représentations, engagements, ou toute action du genre, j'avais besoin de son approbation, de son regard, de son sourire, voire de ses pleurs, pour savoir si ce que j'avais fait était quelque chose de bien.
Je vivais la fierté par procuration, à travers celle que m'offrait mon père, qui me remplissait de bonheur, de joie et de chaleur. Aussi, lorsque je l'ai perdu, je me suis sentie complètement effrayée à l'idée de devoir montrer toute seule, à moi-même et aux autres, que je pouvais réussir ce que j'entreprenais.

Aujourd'hui, pour la première fois de ma vie, je me sens fière de moi. Vraiment. Bien sur, grâce au regard de mes élèves, aux mots (et aux pleurs!) de leurs parents, et aux félicitations et encouragements de mes collègues et supérieurs... Mais ce sentiment vient surtout du fond de moi: j'ai fait le point sur ma première année en tant que "professeur des écoles", et j'ai en moi la sensation d'avoir "assuré".

J'ai la sensation d'avoir fait aimer l'école à une vingtaine de marmots, d'avoir éveillé leur curiosité autour de plusieurs domaines, de les avoir aidé à grandir tout en gardant leurs regards d'enfants, mais aussi d'avoir rassuré des parents, et encouragé d'autres à s'investir davantage dans la vie scolaire de leurs enfants. Et tout ça, c'est de l'or à mes yeux.

Et j'ai fait ça toute seule. Toute seule. Sans filet ni souffleur.
Papa serait fier de moi. Je suis fière de moi. Je le suis pour nous deux.
Il a fait de moi quelqu'un. Aujourd'hui je le sais. Et nom d'une cuillère en bois, que c'est bon!



Et je vais tacher de garder ce présent de fin d'année comme gage de porte-bonheur pour encore plein d'autres aussi belles années à venir...

vendredi 29 juin 2007

Je n'ai pas perdu ma langue...



Pas très bavarde ces temps. Trop de choses à dire, pas assez de temps.
Trop de choses à vivre, pour encore plus en dire.
A très très vite alors, promis.
Pour plein de mots sans maux.

Prochainement: ma mutation, la première du spectacle, les vacances, les chabadabadas on the beach *mwuah mwuah*...

samedi 16 juin 2007

Expectative

Des lendemains qui chantent
Malgré la pluie battante
Sans procès d'intention
Etre heureux pour de bon

En exauçant nos rêves
De baisers sur les lèvres
De retour à la norme
Dans le fond et la forme

Des lendemains qui dansent
Sans accroc ni offense...

Des lendemains qui chantent
Sans heures de file d'attente
Le long des golfes longs
Ne plus toucher le fond

Puis faire la paix des braves
Jurer que c'est pas grave
En ignorant le pire
En osant même sourire

Des lendemains qui dansent
Sans pitié ni clémence...

Des lendemains qui chantent
Une cheminée crépitante...

Même si la vie ne vaut le coup
Lorsqu'on n'y pense qu'après coup
Même si la vie ne vaut la peine
Que lorsqu'on roule à perdre haleine...

Des lendemains qui chantent
Malgré la pluie battante
Sans un accordéon
Sans spécialité maison

En marchant sur la grève
On observe une trêve
A la tombée du jour
Sans couvre-feu ni tambour

Des lendemains qui dansent
Sans accroc ni offense...

Des lendemains qui chantent
Des histoires palpitantes
Un unique horizon
Et des fruits de saison

Sans céder le passage
Et sans accès de rage
Ni regrets ni remords
Assis à la place du mort

Des lendemains qui dansent
Et qui souffrent en silence...


Et si vous voulez le son, cliquez ici...

mercredi 13 juin 2007

My name is George



George, c'est l'handicapé sentimental de la série Grey's Anatomy.
George, c'est celui qui n'arrive pas à mettre des mots sur ses sentiments.
George, c'est celui qui devient un très bon ami de la personne dont il est amoureux. Et ça lui suffit.
George, c'est celui qui passe à côté d'une véritable et jolie histoire parce qu'il a peur que cela signifie "s'engager".
George, c'est celui qui transforme sa peine en colère.
George, c'est celui qui vient de perdre son père d'un cancer.
George, c'est celui à qui on demande de prendre soin de toute sa famille maintenant.
Je parie que George va se plonger dans le sexe pour se sentir "vivant" à présent.
Une intuition, comme ça...
My name is George.

Par contre George, lui, a seulement l'affreuse et idiote Mérédith comme meilleure amie, le pauvre... ^^

jeudi 7 juin 2007

Chaud dedans!

Sligo, Mc Garrigles pub, Saturday, the 19th of May 2007.


Le bruit des verres, les voix des bavards qui résonnent de toute part, on me présente, "Kieran's brother", "my childhood friend"... puis "Kieran".

Kieran. La douceur de son regard, de sa voix, de son sourire. Le "prolongement" cohérent de son art. He he. "Aw, at last!" ... J'ai aimé son "at last".

J'ai aimé la façon dont il m'a serré la main aussi, je sais c'est idiot et ça fait très groupie, mais je commence à connaître les oiseaux maintenant, et je sais qu'il n'y a pas de détails laissés au hasard avec eux. Alors cette deuxième et cette troisième pressions et le sourire dans les yeux, comme pour me dire "merci" ou un truc du genre, ça m'a touchée.

Mais ce que j'ai encore plus aimé je l'avoue, c'est le visage de Glenn, qui avait l'air tout content de me permettre de finalement parler à Kieran, et un peu anxieux aussi. Gentleman. :)

Puis le concert.


Set list (en désordre):
  • Gemini
  • When I'm over you
  • I got what I wanted
  • If you see Mary
  • Widows by the radio
  • Freedom
  • Do we only fall in love in lovesongs?
Break...
"I would like to dedicate this song to Marianna who came especially from France... and... ah well, thank you"
(je ne décrirai pas mon état à ce moment là, vous l'imaginez bien... Premières vraies larmes)
  • 1971
  • Song for someone
  • the ballad of Billy Bob
  • Genevieve
  • Ordinary Day
  • So long
  • Pretty love songs
Quelle set list! Des chansons de tous les albums, et pas des moindres!
Et puis 1971.
Pour moi seule.
Glenn en est sans aucun doute grandement "responsable", mais qu'importe, c'était magique.


C'est étrange le pouvoir qu'a la musique de Kieran sur moi. Elle met tout ce qui m'entoure en suspend, comme pour me plonger dans une introspection plus ou moins consciente. Le public était bavard, "typiquement irlandais" d'après Glenn, mais cela ne m'a pas gênée. Je crois même que je ne l'ai pas entendu (un peu comme dans ces films à l'eau de rose où des amoureux s'embrassent sous la pluie sans en sentir les gouttes tomber sur leurs épaules).

J'ai beaucoup pensé à mon père pendant ce concert. Je me suis dit qu'il serait heureux de me voir là, en vadrouille en irlande avec mon poulet le temps d'un concert, les larmes aux yeux, saisissant à pleines mains un de ces bonheurs que nous tend la vie.
Je me suis sentie fière d'être sa fille, fière d'être partie sur un coup de tête pour vivre une douce folie comme il l'aurait certainement fait à mon âge, ou en tout cas comme il me l'aurait vivement conseillé, et je me suis sentie heureuse de ressentir les choses si profondément. Grâce à lui, et à tout ce qu'il a construit en moi.

Grâce un peu à la musique aussi. Et à sa voix à lui:




Fin du concert, et voilà, le sentiment latant dans l'estomac est là.
Ce truc indéfinissable, qui me "perturbe", comme si j'étais dans l'expectative de quelque chose, et que je n'arrive pas à définir si ce sera du bon ou du mauvais, cette sorte de trac mélancolique, d'allégresse douloureuse. Qui me plaît, fige un sourire sur mes lèvres et pourtant me torture à l'intérieur. Les papillons sans doute.

Il est temps de dire aurevoir cela dit.
Un bisou, mes mains dans les siennes, un regard. Idem pour Glenn, "see you soon Manny, see you as soon as possible". (SPAIN! Another gig pretty soon! Another night spent listening to music I love...hu hu...)

J'avoue avoir été touchée par l'attitude de Glenn, qui a fait tant d'efforts pour me mettre à l'aise, avec tout plein de petites attentions. Je regrette maintenant d'avoir été si émue au point de ne décrocher que quelques mots. Je me rattraperai en Espagne!

Oui, le prochain voyage avec ces gentlemen, ce sera Barcelone. Alors vivement, j'ai hâte!

dimanche 3 juin 2007

... et 2ième temps, la bouffée d'oxygène!

Nous voilà partis pour l'Irlande.
J'aurais posé le pied dans ce pays pour la toute première fois de ma vie le samedi 19 mai 2007.
Et quelque chose me dit que ce ne sera pas la dernière...

Atterrissage le samedi après-midi à Dublin airport, location d'une magnifique 107, puis direction Sligo. Pour revenir à Dublin le dimanche en début d'après-midi et repartir pour l'Angleterre en fin d'après-midi le même jour! (Puis en France dans la soirée...)
Donc mise à part la soirée et la nuit du samedi, nous avons passé pratiquement tout le weekend dans la voiture. Ne vous attendez alors pas à des photos panoramiques exceptionnelles: vous devrez en effet vous contenter de mon tumultueux "photodriving"!

Sortie de l'aéroport. On y est!


Bon, eux aussi conduisent du mauvais côté. Je ne serai donc "que" co-pilote...
Et quel co-pilote, nous voilà perdus dans Dublin centre *hum*:


C'est beau, mais nous ne savons pas ce que c'est...


Les rives au pas de course...

Et forcément:

Ce n'est pas beau (on dirait une véritable prison), mais au moins ça on sait ce que c'est!

Heureusement, le soleil est là pour nous indiquer la route, et nous revoilà sur le bon chemin.
Bon un peu grâce à moi aussi oh.



C'est vert...


Il y a de jolis ponts...

Et la route nous creuse. Arrêt à Collooney, pour un merveilleux muffin au chocolat chaud garni de crème glacé. Yummy!



Sligo enfin, et notre bed&breakfast, le Pearse Lodge.
Accueil très familial, jolie maison, hôtes adorables. Une douche, une mini-sieste, et c'est reparti.
Evidemment, comme vous pouvez le remarquer, je me suis faite avoir et j'ai récupéré le petit lit. Mais c'est moi qui ai eu le KitKat...




Sligo, enfin.
J'avoue que je me sens un peu enivrée d'être là.
J'ai même presque le trac pour la soirée à venir, dont les détails viendront dans un message suivant...


Voilà, la soirée est finie... et il fait froid!!!

Un petit tour nocturne dans la ville à la recherche d'un kebab (ah, ces français...), et ce sera finalement kebab-pizza sur un banc, les mains gelées (mais la tête pleine de la douceur et de la mélancolie de la musique que l'on venait d'entendre).







Je crois que j'aime cette ville. Vraiment. Ce pays aussi. Sa musique et ses gens.
Le jour se lève, il est dimanche, et j'ai le cafard. J'ai encore la journée presque entière dans le pays mais j'ai une drôle de sensation qui me noue considérablement le ventre. Je suis à la fois ravie de tout ce que j'ai vécu la veille, et profondément triste.
J'ai envie d'oublier quelque chose, comme pour me donner une excuse pour revenir plus vite.

Comme nous avons peu de temps devant nous, nous décidons de voir les alentours proches de Sligo.
Partie ouest:




Qui a dit qu'il pleuvait tout le temps en Irlande?

Partie nord:


Avec Benbulben dans le fond...

Et partie est, direction Dromahair:








Je t'ai vu...


Parke's Castle.

Dromahair.
La photo est moche, mais peu importe, c'est pour le symbole que je la poste ici.
Bring me to a place, to a place that I love... Blue sky calling me home...


Un dernière halte, sur la "colline de Don Quichotte" (rebaptisée par mes soins), parce qu'il y a un moment où on n'en peut plus:






Dons Quichottes...


J'ai découvert une nouvelle couleur, le "vert irlandais"...


Allez, on y retourne? S'il te plaît!!!


S'il te plaît!!!


Voilà. Merci à mon poulet.
Bientôt un bis plus long. *impatience*

Voyage en deux temps... 1er temps:

1ère étape dans la campagne de mon poulet, mon Fred, mon meilleur ami "mâle" pour ceux qui ne le connaitraient pas encore. Et quel mâle!
Avisez plutôt:





Comme il fait bon se perdre à Sevenoaks, Kent, UK...











...quand on est bien accompagné, et surtout doté d'un portable!



Bref, ce fut court, mais intense, comme toujours!

samedi 2 juin 2007

Et lasse...

Je suis très frileuse.
Je suis incapable de dormir dans le noir total, ça m'angoisse, ça m'étouffe même. J'utilise parfois encore une veilleuse. Et mon doudou.
J'ai concrètement peur des punaises, ces insectes si nauséabonds.
Je pleure devant les films de filles. Même devant les autres d'ailleurs.
J'ai la phobie maladive des chauves-souris. Mais vraiment, à hurler quand j'en vois une.
Je souffre profondément quand on me quitte, et autant quand je quitte. Voire plus.
J'ai le coeur qui s'accélère quand je traverse une rue sombre toute seule.
La solitude m'effraye, même si j'ai besoin de mes moments dans ma bulle.
Les gens plein de bagou m'impressionnent.
Les passionnés me fascinent.
Mon père me manque tellement...
Je jalouse terriblement les belles. Sauf les copines que j'aime trop pour ça.
Mon ventre se noue de toute part quand je dois parler à un garçon qui me plait.
Je suis incapable de m'investir à moitié. Dans tout. Mais je suis visiblement douée pour en donner l'impression.
Je ne sais pas changer un pneu. Ni remplir une feuille d'impôts, et à peine une feuille de sécu.
La colère excessive me fait fuir, même s'il m'arrive parfois de flirter avec elle. J'ai besoin d'être rassurée constamment. Constamment.
Les blessures de mon âme seront toujours ouvertes. Les bonheurs là et à venir s'y ajoutent et prennent la plus grande place, mais n'effaceront rien.
J'aime, j'ai besoin, je rêve secrètement tous les jours qu'on me tienne la main pour avancer. Si je continue à avancer seule, c'est uniquement par instinct de survie.
Je n'ose pas regarder les gens dans les yeux lors de nos conversations, parce que je crains que mes yeux en disent trop sur moi. Et aussi que je ne convainque pas.
J'ai une peur constante que l'on me devine, car je suis persuadée que mon hyper-"sensiblerie" ferait fuir. Et je ne veux pas qu'on me fuit.
Je rêve qu'on me devine, et surtout qu'on me comprenne sans que je n'ai rien à dire.
J'envie les insouciants, j'aimerais être jolie. Je n'ose plus me déclarer.
La meilleure sensation qui soit, c'est quand quelqu'un que j'aime me tient dans ses bras. Quand quelqu'un que j'aime rit auprès de moi.
La pire des sensations qui soit, c'est quand quelqu'un que j'aime s'éloigne de moi, parce qu'il me considère suffisamment forte pour faire mon chemin toute seule, ou parce que ma complexité l'agace ou le lasse.
L'abandon me terrifie.
J'ai toujours peur de l'échec, même s'il ne me surprend plus.

Et si je semble indépendante, sûre de mes passions, si je croque la vie, c'est certes parce que je l'aime cette vie, mais c'est aussi pour oublier mes manques. C'est pour rendre hommage du mieux que je peux à ceux qui m'ont appris à aimer la vie et que cette même vie m'a repris. Pour tenter de les faire continuer à vivre à travers moi. Pour faire vivre toute la richesse qu'ils ont pu m'apporter.

Alors stop.
Je ne suis PAS forte.
Je ne suis PAS sûre de moi.
Je ne suis PAS confiante et déterminée.
Je ne suis PAS indifférente et détachée.
Je ne suis PAS indépendante.
Je n'en ai seulement pas le choix.

Mais j'AIME la vie.
J'AIME les gens. Ma famille et mes amis sont tout.
J'AIME les frissons.
J'AIME être rassurée.
J'AIME la découverte.
J'AIME voyager. Dans tous les sens du terme.
J'AIME avoir le trac au point de manquer défaillir.
J'AIME les vertiges.
J'AIME les bonheurs.

Et surtout quand tout est partagé, et quand j'y suis guidée.