A la moindre de mes épreuves, examens, représentations, engagements, ou toute action du genre, j'avais besoin de son approbation, de son regard, de son sourire, voire de ses pleurs, pour savoir si ce que j'avais fait était quelque chose de bien.
Je vivais la fierté par procuration, à travers celle que m'offrait mon père, qui me remplissait de bonheur, de joie et de chaleur. Aussi, lorsque je l'ai perdu, je me suis sentie complètement effrayée à l'idée de devoir montrer toute seule, à moi-même et aux autres, que je pouvais réussir ce que j'entreprenais.
Aujourd'hui, pour la première fois de ma vie, je me sens fière de moi. Vraiment. Bien sur, grâce au regard de mes élèves, aux mots (et aux pleurs!) de leurs parents, et aux félicitations et encouragements de mes collègues et supérieurs... Mais ce sentiment vient surtout du fond de moi: j'ai fait le point sur ma première année en tant que "professeur des écoles", et j'ai en moi la sensation d'avoir "assuré".
J'ai la sensation d'avoir fait aimer l'école à une vingtaine de marmots, d'avoir éveillé leur curiosité autour de plusieurs domaines, de les avoir aidé à grandir tout en gardant leurs regards d'enfants, mais aussi d'avoir rassuré des parents, et encouragé d'autres à s'investir davantage dans la vie scolaire de leurs enfants. Et tout ça, c'est de l'or à mes yeux.
Et j'ai fait ça toute seule. Toute seule. Sans filet ni souffleur.
Papa serait fier de moi. Je suis fière de moi. Je le suis pour nous deux.
Il a fait de moi quelqu'un. Aujourd'hui je le sais. Et nom d'une cuillère en bois, que c'est bon!

Et je vais tacher de garder ce présent de fin d'année comme gage de porte-bonheur pour encore plein d'autres aussi belles années à venir...











































