La journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld, avec, comme vous pouvez le voir, Isabelle Adjani.
Sonia Bergerac (Adjani) est professeur de français dans un établissement de banlieue réputé difficile. Sa particularité? Elle tient absolument à faire cours en jupe, alors que son propre proviseur le lui déconseille, et malgré les remarques déplacées de ses élèves garçons immigrés.
Un jour, apparemment comme les autres si ce n'est que sa vie privée n'est pas franchement au beau fixe, elle trouve un flingue dans le sac d'un de ses élèves, et là, c'est le début de la fin: elle s'en empare et "pète un cable"
littéralement.
Commence alors une prise d'otage un peu singulière, avec comme revendication principale de l'enseignante l'instauration d'une "journée nationale de la jupe" par le ministère de l'éducation nationale, où toutes les enseignantes et élèves filles seraient conviées à venir dans leurs établissement en jupe avec la garantie de ne subir aucune agression de leurs homologues masculins...
La personnalité des élèves pris en otage exacerbée par la menace de l'arme et des vérités déclamées par leur professeur va alors très vite transformer cette action de premier abord naïve en véritable drame.
Le problème, c'est que ce film qui semble "trop" à priori a sonné très proche de la réalité à mes yeux.
Je n'avais pas voulu voir "Entre les murs" et mon argument était "je n'ai pas franchement envie de voir mon quotidien au ciné - qui pour moi est un lieu de réflexion certes, mais de détente aussi".
Et là, je me suis tout de même laissé tenter. Peut être parce que le programme du cinéma utopia d'Avignon avait collé un article sur la fermeture du collège où j'exerce juste à côté du synopsis du film...
Bref, on voit beaucoup de choses dans ce petit film: la posture malsaine du chef d'établissement, coincé entre le "management" froid et "numératif" imposé par l'administration, et la gestion humaine de ses pairs; le décalage entre la voyouserie agressive, l'exigence que tout leur soit du, la perte des valeurs essentielles des gamins de banlieue et la soumission de leurs parents qui avaient cru à l'Eldorado en quittant leur pays, et leur abandon total quant à l'intégration de leurs gosses; l'acharnement de certains profs qui y croient encore, qui ont encore des convictions qui brûlent leurs veines jusqu'au bout des ongles, face au désarroi ou à l'indifférence totale d'autres, qui font de leur mieux pour survivre, ou pour avoir la paix.
Le petit hic, c'est que la prof acharnée, celle qui a envie, celle qui voudrait sauver les gamins, les porter vers le haut, celle qui voudrait redorer le blason de l'Education Nationale, c'est celle qui prend l'arme et ses élèves en otage pour tenter d'être entendue, c'est justement celle qui craque...
Et honnêtement, je trouve ce film bien loin d'une caricature; ça ne vous fait pas peur, à vous?