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mercredi 5 août 2009

Semaine du 6 au 12 juillet

Le 9 je file sur Paris again, pour voir -entre autres- Antony & the Johnsons again.
Le concert a lieu à la salle Pleyel, qui rime avec son extraordinaire (ah non, ça ne marche pas? Si si, je vous assure, on dira que oui pour cette fois au moins). Un peu fort peut être au début, mais très vite rétabli au bon équilibre et tout simplement parfait dès la deuxième chanson.

Je suis ravie car à notre arrivée à la salle, Ninie et moi apprenons qu'il y a encore des places disponibles, ce qui décide Ninie à rester avec moi. Il semblerait en plus qu'elle ait également apprécié le concert, alors qu'elle ne connaissait que très peu la musique d'Antony. Mais qui réussirait à résister à son charme?!

Je suis également ravie de la beauté de mes voisins, même si je comprends malheureusement très vite qu'ils préfèrent chacun la gente masculine... (prévisible, cela dit, dans le public d'Antony) Mais celui qui est assis directement à ma gauche porte le parfum le plus exceptionnel du monde (non, je n'ai pas osé lui demander lequel, malheureusement), ce qui amplifie encore mon total envoûtement par la voix magique d'Antony.

Antony, que dire? Il est divinement talentueux, c'est sûr. Et sa voix hypnotisante m'a fait beaucoup pleurer, bien plus qu'au Grand Rex. Mais il est aussi très drôle, et terriblement attachant, comme un doudou chamallow qu'on a envie de serrer dans ses bras pour se regonfler le coeur!

Voilà pour le concert. J'ai hâte de le voir au Way Out West festival en Suède, accompagné de l'orchestre de Göteborg. Car les images que j'ai pu voir de son concert aux nuits de Fourvière accompagné de l'orchestre de Lyon m'ont donné la chair de poule!

Le reste de mon escapade à Paris en images. Au programme, restau "Culture Bière" et cocktails fameux (à la bière donc) sur les champs, lunch chez JM et Coco qui nous ont accueillies comme des petites reines, et soirée "tradition" quartier Bastille, dans un bar corse, avec Lucy Liu et Marianne...











ps: ah oui j'oubliais! Cette semaine là j'ai vu Bancs Publics de Bruno Podalydès. Peut être pas de quoi en faire un post complet, mais très agréable à regarder tout de même.

ps2: ah tudieu j'allais oublier! Le 7 juillet, j'ai eu la joie de voir -en avant-première s'il vous plait- Public enemies de Michael Mann, avec Johnny Deep et Christian Bale. Ce film quant à lui mériterait un post complet.
Mais je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir si vous ne l'avez pas encore vu. Cela dit, je ne suis pas du tout objective. Non, pas à cause de Johnny Deep en voyou, non.... enfin pas seulement. :p Mais tout simplement parce que je raffole des films retraçant les années 30, la prohibition, les pillages de banques, les mitraillettes, les marcels blancs...

vendredi 29 mai 2009

The Boat That Rocked



Ou "Good Morning England" pour la version française.
(Débile d'ailleurs, non? Remplacer un titre anglais par un autre titre anglais, y compris pour la V.O que nous présentait notre cinéma Utopia d'arts et d'essais ici à Avignon...)
Bref, parenthèse mise à part, cette dernière comédie de Richard Curtis est tout simplement excellente!

Pour résumer, l'histoire se passe aux débuts du rock n' roll, diffusé alors sur des "radios navigantes" comme le Radio Rock boat où une dizaine d'uluberlus occupe les ondes de l'aube à la tombée de la nuit avec Hendrix, les Beatles, Dylan, ou autre phénomène du genre, pour ravir la population, et horrifier le gouvernement britannique - et en particulier le ministre Dormandy (inimitable Kenneth Branagh) - qui se montre alors prêt à tous les subterfuges pour rendre cette diffusion illégale...



Si le script transmet bien l'esprit "rock n' roll" (en tout cas tel que moi je l'imagine!), il est aussi et surtout porté par des interprétations assez époustouflantes: Kenneth Branagh en politicard coincé et hystérique, Rhys Ifans (Spike dans Coup de Foudre à Notting Hill) en animateur salasse à la verve obscènement mono-tangente, et, mon coup de coeur sur ce movie -bon, j'étais déjà fan avant, mais là j'ai carrément craqué, le cuir sans doute!-, Philip Seymour Hoffman, en comte des ondes, accroc au rock "par dessus tout" et dont la voix se prête parfaitement à la radio!

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé. J'ai ri et ai eu envie de danser, et n'ai pas vu les 2h passer. Et je suis aussi sortie du cinéma avec l'étrange sensation de ne pas être née à la bonne époque...
"Are you breaking the rules???"

ROCK N' RRRROOOOoooOOOOooooOLL!!!



ps: découvrez leur monde en cliquant sur le titre de mon post!

dimanche 17 mai 2009

Millénium



Au début, je voulais finir le livre que j'ai commencé récemment avant d'aller voir le film...

Et puis, sur les conseils précieux de mon entourage proche qui craignait que je sois déçue par l'adaption comme ça arrive à beaucoup, je me suis décidée à oublier cette première volonté pour me laisser tenter d'abord par la version cinématographique.

Et je ne regrette pas! Ne pas connaître le dénouement de l'intrigue tout en reconnaissant tout de même les personnages et leurs corrélations m'a fait totalement plonger dans cette aventure si bien ficelée. Au point de trembler sensiblement parfois, et ressentir le besoin de regarder mon entourage familier pour me rassurer un peu.

Depuis, je n'ai qu'une envie: finir le bouquin et voir la sortie au ciné du deuxième volet annoncée!

jeudi 30 avril 2009

Coup de foudre au Pathé



Je suis désolée.
Je ne pourrais que très difficilement faire un compte rendu objectif. Voire cohérent.
Car j'ai passé une grande partie de la projection à me concentrer ardemment pour ne pas baver sur les sièges ou me jeter sur l'écran.
Car la perfection masculine existe. La perfection physique en tout cas. Et elle vit sous les traits de cet homme, HUGH JACKMAN. Comme cela doit être douloureux pour sa femme, de se réveiller tous les matins aux côtés de ce dieu vivant! Et comme je lui oterais volontiers cette peine, en lui prenant prestamment sa place!
Au retour des lumières j'en avais le vertige, comme devant une oeuvre majeure de Kandinsky, ou après un opéra de Wagner...
Jugez par vous même!:


Yummy yummy yummy!



Aïe aïe aïe.
Allons, reprenons un peu nos esprits le temps de quelques mots sur les aventures de ce héros avant de le retrouver dans nos rêves...
Wolverine était déjà mon personnage préféré des X-Men (je veux dire, déjà avant Hugh Jackman hein). X-Men Origins Wolverine nous dévoile son côté humain, son passé, le "pourquoi du parce que" pour résumer sommairement.
Tout ça pour donner un bon X-Men. Aux yeux de l'interprétation, j'irais même jusqu'à dire un très bon. Mais il faut que je revois les autres avant, pour comparer o-b-j-e-c-t-i-v-e-m-e-n-t.

Bon, je file au dodo moi, pour rêver. Rêver de me faire griffer! :p

samedi 21 mars 2009

Film prémonitoire?



La journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld, avec, comme vous pouvez le voir, Isabelle Adjani.

Sonia Bergerac (Adjani) est professeur de français dans un établissement de banlieue réputé difficile. Sa particularité? Elle tient absolument à faire cours en jupe, alors que son propre proviseur le lui déconseille, et malgré les remarques déplacées de ses élèves garçons immigrés.
Un jour, apparemment comme les autres si ce n'est que sa vie privée n'est pas franchement au beau fixe, elle trouve un flingue dans le sac d'un de ses élèves, et là, c'est le début de la fin: elle s'en empare et "pète un cable" littéralement.
Commence alors une prise d'otage un peu singulière, avec comme revendication principale de l'enseignante l'instauration d'une "journée nationale de la jupe" par le ministère de l'éducation nationale, où toutes les enseignantes et élèves filles seraient conviées à venir dans leurs établissement en jupe avec la garantie de ne subir aucune agression de leurs homologues masculins...
La personnalité des élèves pris en otage exacerbée par la menace de l'arme et des vérités déclamées par leur professeur va alors très vite transformer cette action de premier abord naïve en véritable drame.


Le problème, c'est que ce film qui semble "trop" à priori a sonné très proche de la réalité à mes yeux.
Je n'avais pas voulu voir "Entre les murs" et mon argument était "je n'ai pas franchement envie de voir mon quotidien au ciné - qui pour moi est un lieu de réflexion certes, mais de détente aussi".
Et là, je me suis tout de même laissé tenter. Peut être parce que le programme du cinéma utopia d'Avignon avait collé un article sur la fermeture du collège où j'exerce juste à côté du synopsis du film...
Bref, on voit beaucoup de choses dans ce petit film: la posture malsaine du chef d'établissement, coincé entre le "management" froid et "numératif" imposé par l'administration, et la gestion humaine de ses pairs; le décalage entre la voyouserie agressive, l'exigence que tout leur soit du, la perte des valeurs essentielles des gamins de banlieue et la soumission de leurs parents qui avaient cru à l'Eldorado en quittant leur pays, et leur abandon total quant à l'intégration de leurs gosses; l'acharnement de certains profs qui y croient encore, qui ont encore des convictions qui brûlent leurs veines jusqu'au bout des ongles, face au désarroi ou à l'indifférence totale d'autres, qui font de leur mieux pour survivre, ou pour avoir la paix.

Le petit hic, c'est que la prof acharnée, celle qui a envie, celle qui voudrait sauver les gamins, les porter vers le haut, celle qui voudrait redorer le blason de l'Education Nationale, c'est celle qui prend l'arme et ses élèves en otage pour tenter d'être entendue, c'est justement celle qui craque...

Et honnêtement, je trouve ce film bien loin d'une caricature; ça ne vous fait pas peur, à vous?

dimanche 8 mars 2009

Harvey Milk - ou comment finir des vacances d'hiver en beauté!




Je l'avais dit, après un weekend cinéphile impeccable, cette semaine passée devait être dédiée aux movies. Finalement j'aurai été raisonnable: seulement deux au cinéma et un dvd à la maison. Mais la qualité l'aura définitivement emporté sur la quantité.

Le film retrace la vie d'Harvey Milk donc, le premier homme politicien ouvertement homosexuel, de 1970 à son assassinat en novembre 1978. J'avoue ne jamais en avoir entendu parlé avant la sortie de ce film. J'ai donc découvert le combat de cet homme passionné, pour défendre sa minorité encore incroyablement désavouée et même considérée comme "fruit de l'enfer" à cette époque pas si lointaine de la notre.
Je ne crois pas que Gus Van Sant ait romancé le personnage dans son action politique. Harvey Milk n'était pas une "folle provocatrice", mais se battait avec ses tripes pour une cause qu'il croyait juste, avec son coeur aussi, tout en apprenant et appliquant subtilement, au fur et à mesure de son expérience acquise en tant que conseiller municipal de San Francisco, les ficelles tactiques du milieu politique.
Ce n'est donc pas la révolte capricieuse d'un marginal, mais la passion d'un homme empreint de convictions qui nous emporte pendant un peu plus de deux heures, nous montrant l'intensité des combats qu'ont dû mener nos prédecesseurs pour faire avancer d'un pas -aussi minuscule soit-il- notre si sectaire humanité.
L'acharnement dont fait preuve cet homme à défendre ses convictions est aussi bouleversant qu'admirable, et on finit par ne plus savoir si nos larmes qui accompagnent le film sont dues à son triste destin où à la noblesse de sa lutte.

Le tout orchestré par un Sean Penn exceptionnel. Doux euphémisme me direz-vous? Il semble s'être totalement investi et fondu dans le personnage, poussant le perfectionnisme de son jeu jusqu'à la gestuelle, la mimique, la démarche, l'attitude... Rien n'est surfait et tout sonne juste.
Sean Penn est Harvey Milk pendant ces 2 heures, passionné, courageux et... qui roule des pelles à James Franco, le saloupiaud! :p


Harvey Milk posant devant son magasin de photo après son élection en 1977-
Photograph: UPI/Corbis-Bettmann

jeudi 5 mars 2009

La nuit du chasseur


De Charles Laughton.

Et oui, encore un movie!
Un de ceux que j'adore, un vieux, en noir et blanc, avec une de ses superbes stars américaines des années 50/60, aussi beau qu'effrayant dans ce film, à savoir Robert Mitchum.

Synopsis: "un pasteur (Robert Mitchum) élégant et séduisant, dont les phalanges sont sinistrement tatouées des mots "Haine" et "Amour", erre dans la campagne semant sur sa route la bonne parole et... la mort.Pour le révérend Harry Powell, le travail du Seigneur n'est pas de sauver les âmes, mais de les condamner. A présent, Powell est prêt à tout pour récupérer un magot de 10 000 dollars caché dans une ferme par un homme dont il partagera la cellule en prison. Sur son chemin, les enfants de son ancien compagnon de cellule, les seuls à savoir où est caché l'argent..."

Y a pas à dire, ces vieux classiques sont de loin les plus efficaces!
Mitchum est aussi envoûtant que terrifiant, son personnage est si détestable et menaçant que l'on aurait presqu'envie de faire avancer le film plus vite pour mettre fin au suspense qu'il soulève.
Très vite on tremble devant la vulnérabilité de ces deux pauvres petits bouts qui se retrouvent rapidement seuls pour affronter un diable qui semble ne pas avoir peur de faire couler beaucoup de sang, aussi innocent soit-il, pour parvenir à ses fins.
Mais en même temps la valeur du scénar réveille notre côté malsain qui voudrait bien lui laisser une chance, à cet horrible Powell, juste histoire que l'intrigue ne s'arrête jamais...

Finalement, les anniversaires pluvieux ont du bon pour des après-midis dvd aussi riches qu'aujourd'hui! Un classique qui va sans doute rejoindre mon top 5! (qu'il faudrait peut être que je poste un jour ici, tiens...)



Ps: un petit MERCI dédicace quand même... :)

mardi 3 mars 2009

Pour un instant la liberté...



Encore un film donc.
Pour un instant la liberté raconte les destins croisés de réfugiés iraniens forcés de faire escale en Turquie pour y attendre que l'ONU leur délivre -ou pas- ce fameux visa vers un pays d'Europe, terre des libertés.
Parmi eux, Ali et Mehrdad, deux amis comme deux frères, et les petits cousins de Mehrdad, Azy et Arman, un couple et leur petit garçon, un professeur et son grand ami Kurde... Un chassé-croisé d'aventures avec comme unique et même but: la liberté, la fuite d'un pays qui oppresse les esprits et interdit les opinions, la quête d'un monde qui autorise à vivre tel que l'on est, avec ses idées et ses convictions. Le tout basé sur des faits réels.
Un documentaire qui bouleverse, qui chamboule et laisse sans voix, nous rappelant comme on a vite oublié à quel point notre propre liberté est précieuse et douce. Une quête de liberté qui en plus s'avère tout sauf individualiste, mais au contraire débordante de générosité, d'humanisme et quelque peu paradoxalement de patriotisme.

Un film que je recommande donc fortement aussi. Avec paquets de kleenex à l'appui.

lundi 2 mars 2009

Weekend cinéphile



Samedi: Gran Torino réalisé par et avec Clint Eastwood.

Le décor est très simple, les costumes sans grand apparat, mais centrent ainsi l'intrigue sur les personnages forts et leurs relations troublantes. Les dialogues sont sans aucune prétention littéraire, vulgaires et crus, mais le script va ainsi à l'essentiel, et la profondeur ne manque pas. Ce film est d'une justesse incroyable où se mêlent avec brio humour et rudesse, sensibilité et violence, racisme et partage, le tout porté par un Clint Eastwood toujours égal à lui-même, brillant, vrai, à la limite de l'inégalable.
Vous l'aurez compris, ce film m'a plu, beaucoup plu. Un ancien de la guerre de Corée prêt à passer par le pire pour permettre à un jeune Hmong de connaître le meilleur et de s'en sortir, parce qu'il a besoin de racheter ses erreurs? parce qu'au moment où il se retrouve seul et mourant, sa fibre paternelle se réveille? Non. Parce qu'après avoir connu l'horreur dans le passé, il a vu en Thao la bonté et la gentillesse dont il aimerait sans doute que les nouvelles générations soient faites, et parce qu'il sait que "seul, il ne s'en sortira pas".
Un message à diffuser, non?







Dimanche : L'étrange histoire de Benjamin Button avec Brad Pitt et Cate Blanchett.

A l'inverse de Gran Torino, me voilà embarquée dans l'imaginaire, et la féérie. Ici on voyage dans le temps et dans le monde. Camper une grande partie du décor en Louisiane rajoute une touche à la chaleur de l'histoire, faire découvrir l'intrigue par la lecture d'un journal intime lui donne une dimension de conte amoureux.
Une expérience cinématographique bien différente donc, même si là encore, tout repose beaucoup autour de la relation entre les personnages, bouleversée par le destin inouï de ce Benjamin Button qui naît vieux et rajeunit tout au long de sa vie. Une expérience bien différente mais au moins tout aussi forte. Une histoire d'amour, mais une vraie. De celle qui survit malgré les embûches de la vie ou de la fiction, et du temps quel que soit le sens dans lequel il file...
Cate Blanchett est détestablement belle et touchante, et Brad Pitt démontre à nouveau ses incroyables talents d'acteur. Et tenez-vous bien.. il m'a même fait littéralement craquer! La vieillesse lui va à ravir, et j'avoue l'avoir trouvé étonnamment beau.

En résumé: si ce n'est pas déjà fait, allez voir ces deux films!!! :)

mardi 10 février 2009

Je ne suis pas née à la bonne époque!

Aurélien dirait "c'était mieux avant".
Et moi il n'y a pas très longtemps, je vous parlais d'un rendez-vous avec Chet Baker.

Et bien ce rendez-vous a eu lieu hier finalement. J'ai profité d'un clouage au lit pour "douleurs dorsales et gastriques démesurées" pour partager un moment privilégié avec le jazz man. Ou devrais-je écrire "THE" jazz man, en police 93.

Le film documentaire n'a pourtant rien de féériquement flatteur. L'entourage de Chet - y compris sa mère - y confirme sa tendance junkie prononcée. Ses propres enfants soulèvent - bien qu'assez gentiment - son absence et l'influence néfaste de ses multiples conquêtes/maîtresses/épouses (faites votre choix, les croisements dans le temps de ses diverses relations n'étant pas forcément clairement définis à mon goût). On y apprend même que l'artiste aux allures d'écorché fragile était un fieffé arnaqueur, qui entourloupait jusqu'à ses amis les plus proches pour obtenir ce qu'il voulait, et dévoilait avec cynisme l'arnaque en riant une fois l'objet de sa convoitise obtenu...

Mais quel artiste! Pas un intervenant dans le film, quels que soient ses mots ou maux envers Chet, ne parvenait à parler de lui sans qu'un nuage d'étoiles vienne embrumer ses yeux. Chacun transpirait d'admiration et de fascination, tout comme chacune de ses femmes interrogées suait encore d'amour, même si une vague amertume entachait le timbre de certaines...
J'ai retrouvé en eux ce que sa musique et sa voix provoquent en moi à chaque écoute: un véritable envoûtement. A le voir et à l'entendre dans ce film reportage, je sais que moi aussi, je l'aurais laissé m'arnaquer.

Car au-delà de tous ses démons et fantômes, quel génie pour la musique! Un musicien "naturel", comme si la musique, le jazz, la trompette, faisaient partie intégrante de lui, de son corps comme de son esprit, comme si les sons de son instrument étaient son propre langage, comme si la mélodie, le rythme, l'émotion lui parvenaient simultanément, naturellement et sans effort...

Le lien avec le regret de ne pas être née à une autre époque, me demanderez-vous?
Je ne sais pas trop... mais curieusement ce documentaire m'a donné envie de voir naître le jazz. Envie de voir apparaître ensuite le rock, cette musique pour "sauvages". Envie de drague dans une cadillac, de bal de promo, de cinéma en plein air, et de ce baiser timide sur le pas de la porte, d'abord sur la joue, puis volé sur la bouche avant de bafouiller un "aurevoir" d'adolescent.

Hum. Oui vous avez raison, je vais me remettre aux Cure, ça vaut mieux!!!

jeudi 15 janvier 2009

Let's Get Lost...

Mon rancard de demain soir:















:D :D :D

(review à suivre!)

mercredi 30 juillet 2008

2008 Vallée

Avec Lucie samedi, dans le cadre du festival d'Avignon, nous sommes allées voir "2008 Vallée" dans la cour d'Honneur du Palais des Papes, avec Philippe Katerine, la chorégraphe Mathilde Monnier et 5 de ses danseurs. Un spectacle mêlant danse et chant autour de l'album Robots après tout du chanteur, et offrant surtout des jeux de voix assez épatants, les 5 danseurs et leur chorégraphe s'étant mis au chant pour l'occasion (et Katerine à la danse pour le coup).

Je m'attendais à plus de danse, et j'ai eu du mal à me plonger dans le spectacle. Mais une fois que la sauce a prise, ça n'est allé qu'en crescendo pour finir dans une poésie rebondissante. Un concert pur de Katerine m'aurait très certainement agacée. Mais l'interprétation de ses textes par les corps et de sa musique par des superpositions des voix des danseurs m'a complètement conquise. Toute l'équipe nous a offert un voyage de sons plein d'humour et de poésie, voire de mélancolie régalant également les yeux.


J'adooooooore!!!

Une revue qui résume parfaitement le spectacle ici.

dimanche 13 juillet 2008

Défilé Lacroix

Après une longue attente sous la pluie (je vais passer les détails sur la malhonnêteté et les valeurs douteuses d'un certain comité d'organisation...), une régalade pour tous yeux de fashion-addict:
(qualité photos déplorable, mille excuses)
























Deux clichés pour celle-là, parce que je pense que c'était vraiment ma préférée...





lundi 2 juin 2008

Ce soir-là, je m'étais senti léger pour la première fois de ma vie.



Je l'attendais sur les dents, craignant qu'il n'immisce trop sa touche de dandy satyrique au pathétisme grinçant de Modiano dans "Un pedigree". Et je suis ressortie bluffée.

Il avait dans les mains sans doute le texte le plus rude de Modiano, et très certainement aussi le plus rasoir. Une énumération atone et froide de rencontres et de faits de la vie de l'auteur jusqu'à sa 21ième année. Une succession de dates et de noms qui tentait plutôt à faire décrocher l'audience qu'à l'embarquer dans le passé de l'écrivain.

Et Baer s'est montré d'une extrême justesse du début à la fin de cette lecture. Il a su toujours rester dans la retenue, dans une parfaite limite entre l'indifférence et le trouble, la résignation et l'ironie, le pathétisme et l'espoir. Ni trop léger, ni trop sombre, chacun de ses silences trouvait sa place et la simplicité de la mise en scène et de son personnage donnait une dimension différente au texte pourtant plutôt hostile de Modiano, pour mieux nous retenir, nous émouvoir, humblement.

Ce registre lui sied donc aussi. Et il est pourtant loin d'être aisé! Après cette jolie performance je tendrais alors à classer le sieur Baer dans le haut du top des comédiens français du moment.

Chapeau bas monsieur.

ps: pour les mauvaises langues, je suis tout ce qu'il y a de plus objective là, j'ai même été plutôt déçue par le dandy à la ville avant le spectacle. Il y a des témoins. :p

mercredi 14 mai 2008

Le scaphandre et le papillon



De Julian Schnabel. Tiré du best-seller de Jean-Dominique Bauby.

Avec:
- Mathieu Amalric (Jean-Do)
- Emmanuelle Seigner (son ex-femme Céline)
- Marie-Josée Croze (Henriette, l'orthophoniste)
- Anne Consigny (Claude, sa "traductrice et main d'écrivain")

Le 8 décembre 1995, un accident vasculaire brutal a plongé Jean-Dominique Bauby, journaliste et père de trois enfants, dans un coma profond. Quand il en sortit, toutes ses fonctions motrices étaient détériorées. Atteint de ce que la médecine appelle le "locked-in syndrome", il ne pouvait plus bouger, parler ni même respirer sans assistance.



Dans ce corps inerte, seul un oeil bouge. Cet oeil, devient son lien avec le monde, avec les autres, avec la vie. Il cligne une fois pour dire "oui", deux fois pour dire "non".

Avec son oeil, il arrête l'attention de son visiteur sur les lettres de l'alphabet qu'on lui dicte et forme des mots, des phrases, des pages entières...


Avec son oeil, il écrit ce livre, Le Scaphandre et le papillon, dont chaque matin pendant des semaines, il a mémorisé les phrases avant de les dicter à Claude, son assistante dévouée...




Voilà pour le synopsis.
Un ancien "tombeur" qui malgré sa paralysie et ses difficultés à communiquer va se retrouver rattaché à la vie toujours par des femmes, belles comme pourraient l'être des maîtresses, mais qui cette fois-ci vont développer avec lui des relations intenses bien que platoniques et "muettes". Comme une sorte de dévouement à la vie, ou plutôt à ce qu'il lui en reste...



Quant au ressenti...
C'est un sentiment étrange et amer, comme une impression de déjà-vu, ou plus précisément de déjà vécu. Un homme, qui lorsqu'il était plus jeune dégageait une aura d'exception. Un homme qui dans son lit d'hôpital s'est vu entouré de trois femmes qui désespéraient de voir ne serait-ce qu'un soupçon de rétablissement et qui s'accrochaient à ça. Un homme dont le cas passionne un temps les médecins, mais dont on connait aussi inexorablement la fin, que tous s'obstinent pourtant à ne pas admettre. Et toutes ces choses qui vont être dites et ressenties enfin, alors que le dialogue reste impossible...

Une bouleversante histoire, qui fait réaliser que certaines blessures restent toujours ouvertes, et que le temps n'efface rien. Une bien jolie leçon sur la communication aussi, qui donne envie de vite sortir de son scaphandre pour se ruer vers une interminable chasse aux papillons.

mardi 29 avril 2008

En toute objectivité

J'ai beaucoup aimé.
Benchétrit (je suppose en partie à cause de sa belle gueule et de sa copine Anna Mouglalis) provoque la hargne de certains qui le qualifient d'"usurpateur", de "mauvais copieur" ou autre nom d'oiseau. Moi je le trouve plutôt "joliment inspiré" dans J'ai toujours rêvé d'être un gangster.
Certes il y a des clins d'oeil plus qu'explicites même si l'auteur s'en défend apparemment (le face à face Bashung/Arno fait étrangement penser à celui de Iggy Pop et Tom Waits dans Coffee and Cigarettes), mais c'est tant mieux, car ils sont si joliment filmés.
L'humour est fin, et les personnages extrêmement touchants. Quelle que soit la génération à laquelle ils appartiennent (de Jean Rochefort à Anna Mouglalis), l'idée d'être un gangster avec un flingue dans la main leur apporte une excitation d'enfant prêt à jouer aux gendarmes et aux voleurs.
Et ce sentiment frais nous embarque dans une comédie originale: alors que les personnages pourraient frôler le pathétique, ils nous donnent plutôt envie de jouer nous aussi. En braquant une banque entre potes!
(vous avez vu, j'ai réussi à NE PAS PARLER d'Edouard!!!)


Celui-là n'est pas transcendant, mais sympa. Une bonne comédie familiale à la française qui se laisse tranquillement regarder. Avec quelques rires même.
Quelle belle Nathalie Baye! Elle fait vraiment partie -selon moi- des plus belles actrices françaises du moment. Quel sourire et quel corps! *comprenez un léger soupçon de jalousie quand même un peu*
Par contre, Edouard Baer en mélancolique dépressif, je dis non. Je le préfère cent fois sincèrement méchant, franchement pathétique, amoureux romantique, brouillon écervelé, ou encore exalté déjanté... Mais là j'ai trouvé son personnage un peu trop propre, limite gnangnan, et il y avait quelque chose qui sonnait faux.
Rien à voir avec sa qualité d'acteur (ses regards sont assez exceptionnels et collent divinement au personnage), mais le personnage en lui même manquait un peu de saveur. Enfin à mon humble goût hein. Doudou mérite mieux que ça il me semble...

Enfin, quand même, notez ce jour d'une pierre blanche, j'ai réussi à être objective face à Edouard Baer. Affaire à suivre!