Quand on est adolescent, on se sent souvent l'âme d'un poète. Non? Vous n'avez jamais rien écrit à l'aube de vos 16 ans? Quelques rimes jetées sur le papier pour vomir à l'encre rouge votre mal-être? Moi je n'ai pas échappé à la règle. Et ça me fait plutôt bizarre aujourd'hui de relire ces lignes.
Surtout quand je réalise qu'une dizaine d'années après avoir écrit ces "poèmes" exaltés et souvent taciturnes, je dédiais l'un d'entre eux à ma meilleure amie disparue. :(
Dans la poussière enflammée des rayons du soleil,
Dans le feu de chaque astre se cristallisant,
Dans tous ces éternels diamants du ciel,
Il y a un peu de ton regard, lumineusement troublant.
Dans la bise légère de ce début Novembre,
Dans le vent plus violent des dernières roses de sang,
Dans ce mélange subtil de musc et d'ambre,
Il y a l'odeur de ton sourire, doux émoi dérivant.
Dans le rire de l'enfant qui joue dans l'innocence,
Dans le chant crépitant de la forêt des anges,
Dans tous ces cris de vie, débordante de jouissance,
Il y a la mélodie de ton amour, si naïves louanges.
Tes mots qui me hantent, m'ensorcèlent, m'affaiblissent,
Cette complicité qui fait trembler mes mains,
Ce frisson qui me noue, m'emprisonne, tel un vice,
Le souvenir de toi, si présent et pourtant si loin...
Dans la pluie frivole des après-midis d'automne,
Dans la rosée timide de l'aube sucrée,
Dans la danse des vagues, salée et monotone,
Il y a beaucoup de mes larmes, amères et glacées.
Ces larmes qui brûlent mes lèvres et le creux de mes mains
Depuis ce jour maudit où tu m'as pour toujours quittée.
Ces larmes qui voilent et ternissent chaque lendemain
Car en mourant tu as gravé sur mon coeur les mots "plus jamais".